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jeudi, 21 avril 2005
Ego classé X
Les singuliers, mais non moins excellents, pavés du diariste angoumoisin Fabrice Néaud sont aussi de forme parallélépipédique rectangle, cependant leur auteur ne s'embarrasse pas d'artifice géométrique pour y exposer ouvertement ses préférences homosexuelles.
Et c'est bien se qui semble gêner certains : un conseiller de la ville de Viroflay a réussi à annuler une rencontre organisée à la bibliothèque municipale qui devait réunir ce dimanche 17 avril Fabrice Néaud, auteur du Journal publié par Ego comme X, et son éditeur Loïc Néhou pour y parler d’autobiographie en bande dessinée.
Selon le communiqué diffusé par l'éditeur de Néaud, l'élu « soit-disant opposant à la majorité UMP » a fait un esclandre au cours du dernier conseil municipal « en hurlant qu'il était honteux que la ville s’apprête à accueillir, des gens faisant l’apologie de la pornographie et de l’homosexualité », menaçant de distribuer des tracts aux viroflaysiens reproduisant des page du Journal (1) et de perturber la rencontre si celle-ci devait finalement avoir lieu.
Comme le rappelle le site Chronic'art qui craint déjà « le retour insidieux d'un ordre moral façon années Pompidou », ce n'est pas la première fois que dame Anastasie frappe sur les doigts de la bande dessinée, là où on l'attend le moins : en témoigne cette autre hallucinante mésaventure arrivée à J.-C. Menu, qu'il rapporte dans son livre Plates-Bandes. En décembre 2003, le boss de L'Association fut convoqué par la Brigade de protection des mineurs suite à la publication par Beaux-Arts Magazine de deux cases extraites du Daddy's Girl de Debbie Dreschler montrant la jeune héroïne un sexe dans la bouche. La procédure avait été déclenchée par un kiosquier du Vésinet qui estimait qu'il s'agissait là d'une incitation à la pédophilie. Tout le contraire du propos du livre autobiographique de Dreschler qui est le terrible témoignage d'un inceste.
Dans ces deux histoires, l'accusation porte sur des images isolées, coupées de leur contexte, sans que l'accusateur ait lu l'ouvrage dans son intégralité. Le propos de l'auteur est complètement ignoré, voire déformé. Un classique de la crasse ignorance et du moralisme de dimanche.
A noter, pour changer de sujet, que dans ce même Beaux-Arts Magazine Neaud signe désormais une rubrique régulière sous forme de « BD reportage ». Le dernier numéro (#250, avril 2005) nous raconte la visite du dessinateur à l'exposition « Signes du corps » qui eut lieu au Musée Dapper l'année dernière.
[par Le Télégraphiste]
15:00 Publié dans Fini de rigoler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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