vendredi, 29 avril 2005

De la Terre à la Lune, en passant par le Japon

Ce soir sur France Culture, à l'occasion de la Japan Expo, l'émission Mauvais Genres est consacrée aux rapports qu'animé et manga japonais peuvent entretenir avec l'univers de Jules Verne. Rôle des enfants, importance de la quête et de l'aventure, place de la technologie, tels sont les thèmes communs à l'homme des « Voyages extraordinaires » et aux auteurs nippons. Mauvais Genres conclura le volet manga avec La jeune fille aux camélias du sulfureux Suehiro Maruo. Cette émission est produite et présentée par François Angelier, avec la collaboration de Olivier Paquet, Stéphane Ferrand et Vincent Bernière.
Pour les malchanceux qui l'auraient manquée, il est possible de l'écouter toute la semaine sur le site de France Culture.
[par Le Télégraphiste]

vendredi, 22 avril 2005

24h chrono

Lancé à l'origine comme un défi amical entre Scott McCloud et Steve Bissette, le « 24 Hour Comics Day » s'est propagé pour devenir une fête de la création en bande dessinée à laquelle participent désormais des dessinateurs du monde entier. Cette année, artistes inconnus ou reconnus vont ainsi se retrouver dans plus de soixante-dix villes à travers la planète (des comic books stores d'Arizona au Centre culturel étudiant de Belgrade) pour participer à ce marathon dessiné. Les règles sont simples : le dessinateur participant doit réaliser une bande dessinée complète, de vingt-quatre pages en vingt-quatre heures, sur le thème de son choix.
Inutile de soulever la question de la qualité des oeuvres produites sous ce genre de contrainte oubapienne : ces 24h ne sont ni une compétition, ni une foire aux bestiaux. L'évènement est suffisamment récréatif pour être remarqué. Et puis c'est toujours plus intéressant que le grand défilé parisien de « BD Pride » que le Syndicat National des Editeurs prépare pour la première mouture de la Fête « nationale » de la bande dessinée (dont on reparlera ici).
Si toi aussi tu veux devenir le Jack Bauer de la BD et participer à ce 24HCD en France, il te faudra aller à Dijon, seule (et première) ville française accueillant cet évènement. L’épreuve, qui est co-organisée sur place par l'association Artkad, se déroulera du samedi 23 au dimanche 24 avril sur le Campus universitaire. L'entrée et la participation sont gratuites, et les artistes seront pourvus en nourriture, boissons et en lit pour faire la sieste. Que demande le peuple !
[par Le Télégraphiste]

jeudi, 21 avril 2005

Ego classé X

Les singuliers, mais non moins excellents, pavés du diariste angoumoisin Fabrice Néaud sont aussi de forme parallélépipédique rectangle, cependant leur auteur ne s'embarrasse pas d'artifice géométrique pour y exposer ouvertement ses préférences homosexuelles.
Et c'est bien se qui semble gêner certains : un conseiller de la ville de Viroflay a réussi à annuler une rencontre organisée à la bibliothèque municipale qui devait réunir ce dimanche 17 avril Fabrice Néaud, auteur du Journal publié par Ego comme X, et son éditeur Loïc Néhou pour y parler d’autobiographie en bande dessinée.
Selon le communiqué diffusé par l'éditeur de Néaud, l'élu « soit-disant opposant à la majorité UMP » a fait un esclandre au cours du dernier conseil municipal « en hurlant qu'il était honteux que la ville s’apprête à accueillir, des gens faisant l’apologie de la pornographie et de l’homosexualité », menaçant de distribuer des tracts aux viroflaysiens reproduisant des page du Journal (1) et de perturber la rencontre si celle-ci devait finalement avoir lieu.
Comme le rappelle le site Chronic'art qui craint déjà « le retour insidieux d'un ordre moral façon années Pompidou », ce n'est pas la première fois que dame Anastasie frappe sur les doigts de la bande dessinée, là où on l'attend le moins : en témoigne cette autre hallucinante mésaventure arrivée à J.-C. Menu, qu'il rapporte dans son livre Plates-Bandes. En décembre 2003, le boss de L'Association fut convoqué par la Brigade de protection des mineurs suite à la publication par Beaux-Arts Magazine de deux cases extraites du Daddy's Girl de Debbie Dreschler montrant la jeune héroïne un sexe dans la bouche. La procédure avait été déclenchée par un kiosquier du Vésinet qui estimait qu'il s'agissait là d'une incitation à la pédophilie. Tout le contraire du propos du livre autobiographique de Dreschler qui est le terrible témoignage d'un inceste.
Dans ces deux histoires, l'accusation porte sur des images isolées, coupées de leur contexte, sans que l'accusateur ait lu l'ouvrage dans son intégralité. Le propos de l'auteur est complètement ignoré, voire déformé. Un classique de la crasse ignorance et du moralisme de dimanche.

A noter, pour changer de sujet, que dans ce même Beaux-Arts Magazine Neaud signe désormais une rubrique régulière sous forme de « BD reportage ». Le dernier numéro (#250, avril 2005) nous raconte la visite du dessinateur à l'exposition « Signes du corps » qui eut lieu au Musée Dapper l'année dernière.
[par Le Télégraphiste]

mercredi, 20 avril 2005

Krazy Sponge

Qui l'a vu ? Hommage furtif au Krazy Kat de George Herriman entre-aperçu dans Bob l'éponge-le film, transposition réussie sur grand écran de ce dessin animé à l'humour débile et rafraîchissant. Attention, c'est rapide et il faut être attentif : au moment où Bob et son pote Patrick l'étoile s'empiffrent de crèmes glacées au bar du Glouton Barjot, on remarque derrière eux, accrochée au mur, une toile encadrée représentant cette scène mythique d'amour zoophilo-féticho-masochiste : Ignatz le souriceau balançant une brique dans la gueule de la pauvre chatte.
Mais ne s'agit-il que d'un simple clin d'oeil ? Brique, éponge, même forme parallélépipédique rectangle, même incitation à la perversion...? C'est ce que laisserait penser la récente accusation faite à l'encontre de Bob l'éponge par des associations religieuses conservatrices américaines qui estiment que ce dessin animé fait l'apologie de l'homosexualité. On en rigole encore...
Bref, toutes ces tergiversations pour vous rappeler que les éditions Fantagraphics publient actuellement la réédition complète des oeuvres de Georges Herriman (Le cinquième volume de Krazy Kat vient juste sortir). La réalisation soignée et les couvertures du flamboyant Chris Ware font des ces ouvrages de vrais bijoux et, de surcroît, à prix abordable.
(En illustration : deux panneaux peints tirés d'une série que l'artiste américaine Sherrie Levine a réalisée en 1988)
[par Le Télégraphiste]

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