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mardi, 31 mai 2005
Cercle vicieux
Le Cercle de la BD, qui regroupe près de soixante-dix sites consacrés à la bande dessinée des années 1950 à nos jours, se refait une beauté... Tiens, ça ne vous rappelle rien ? :-)
[par Le Télégraphiste]
10:15 Publié dans bandes passantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 25 mai 2005
Défaite de la bande dessinée
C'était à prévoir : la grosse kermesse prévue samedi prochain ne se fera pas dans l'apathie générale. Voici in extenso l'appel à boycotter la Fête de la BD signé par un collectif d'éditeurs constitué par L'Association, Atrabile, Cornélius, Ego comme x, Frémok, FLBLB, Rackam, Les Requins Marteaux, 6 pieds sous terre, Vertige Graphic :
La Fête de la BD, défaite de la bande dessinée ?
Les industriels de la bande dessinée nous annoncent aujourd'hui à grands renforts de tambours la création de "la fête de la BD". On nous promet de la BD à tous les repas, de la BD à tous les coins de rue, et même que "les français vont descendre dans la rue pour faire de la BD" (sic). On nous explique encore que cet évènement glorifiera la bande dessinée sous toutes ses formes et dans toutes ses tendances.
Nous, éditeurs de bande dessinée alternatifs, affirmons que la diversité ne sera pas du cortège et que cette manifestation est entièrement destinée à promouvoir ce qui est pensé pour être vendu.
L'idée que la Bande Dessinée puisse être autre chose qu'un divertissement facile est très neuve. C'est une idée qui a grandi lentement, de manière chaotique et imprévisible, au rythme de la végétation qui s'épanouit sur les chemins. Mais les industriels n'ont pas ce genre de patience et rêvent d'autoroutes. Ce que cette fête de la BD annonce en réalité, c'est précisément que la fête est finie et qu'après une décennie de création, le commerce doit reprendre ses droits.
S'appuyant sur les personnages les plus caricaturalement vendeurs de leurs catalogues, les industriels s'achètent aujourd'hui un événement de taille nationale et veulent faire croire par la magie du marketing que la bande dessinée se résume à des héros de verres à moutarde et à un ersatz papier des séries télé les plus complaisantes. C'est comme si le cinéma s'autocélébrait soudain en choisissant de se réduire aux "Bronzés", à "Don Camillo" et à "Taxi 12".
La bande dessinée est constituée d'autant de courants que le cinéma, la littérature ou les arts plastiques. Mettre en avant son versant le plus bassement commercial afin de le faire passer pour le genre tout entier est depuis trop longtemps la stratégie des marchands de soupe.
Nous, éditeurs de bande dessinée alternatifs, tenons à rappeler que la bande dessinée peut être l'absolu contraire de ce que cette mascarade commerciale va présenter. La bande dessinée d'aujourd'hui est plus que jamais un moyen d'expression riche, divers et parfaitement en phase avec son époque, dont le moteur, il est bon de le rappeler, reste entre les mains des auteurs et des créateurs.
Nous, éditeurs de bande dessinée alternatifs, boycottons cette "fête de la BD", pour laquelle les organisateurs accumulent les déclarations malhonnêtes et les ambitions les plus cyniques, et la considérons comme une insulte faite à l'intelligence et à la diversité du moyen d'expression qui est le nôtre.
Ainsi, pendant que des Obélix et des Titeufs géants se dandineront misérablement dans les rues, nous irons travailler à nos prochains ouvrages, en les espérant suffisamment beaux, originaux et pertinents pour qu'on puisse un jour évoquer la bande dessinée en parlant de livres plutôt que d'albums, et d'oeuvres plutôt que de marionnettes.
Via BD Selection
[par Le Télégraphiste]
14:05 Publié dans Fini de rigoler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 24 mai 2005
La nouvelle jeunesse de Lajaunisse
Micro-évènement éditorial complétement passé inaperçu en France, L’Histoire de M. Lajaunisse, le premier album de bande dessinée français, a été réédité l’année dernière à l’occasion du 6ème Festival COMICON de Naples.
Cet album fut publié la première fois en 1839 par la maison Aubert, au sein de la « Collection des Jabots » du nom du premier album oblong dessiné par le genèvois Rodolphe Töpffer, inventeur de la bande dessinée moderne.
M. Lajaunisse est l’œuvre du jeune Cham (pseudonyme d’Amédée de Noé, 1818-1879) qui publie alors son premier album, influencé par la littérature en estampes töpfferienne. Ce dessinateur, quasi oublié de nos jours, deviendra l’un des plus célèbre de son époque et publiera, entre autres, presque une vingtaine d’autres bandes dessinées en album.
A l'origine de cette réédition, se trouve le scénariste italien de Martin Mystère, Alfredo Castelli, qui est aussi l’un des archéologues de la bande dessinée du groupe de discussions Platinum Age Comics réunissant les spécialistes internationaux du genre pour la période du XIXème siècle.
On notera que ce Lajaunisse est accompagné de trois textes très instructifs (en italien) qui présentent les origines de la bande dessinée en France (par A. Castelli), Cham (par Michel Kempeneers) et la Maison Aubert (par Leonardo De Sá).
Pour commander cette réédition, vendue au prix ridicule de 7 euros : http://www.comicon.it/comiconshop.html
[par Le Télégraphiste]
11:45 Publié dans Archéologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Uniformes et broderies
En tournée américaine pour la promotion de son livre Broderies qui vient d'être publié outre-atlantique (Embroideries, chez Pantheon Books), Marjane Satrapi était invitée la semaine dernière à donner une conférence devant les élèves de la prestigieuse académie militaire nationale de West Point. Le Los Angeles Times, qui rapporte cet évènement dans son édition du 22 mai, nous apprend que Persepolis est au programme de la promotion 2006, et que les futurs militaires doivent l'avoir lu et disserter dessus s'il veulent obtenir leur diplôme.
Les bandes dessinées de Satrapi remportent un certain succès aux Etats-Unis mais on reste étonné par l'initiative des professeurs de cette école militaire qui veulent ainsi rendre leurs élèves plus « tolérants » à l'aide d'une lecture plus facile d'accès que les volumineux traités de stratégie. L'exercice semble avoir été profitable aux militaires comme à la dessinatrice, très émue par cette rencontre inattendue.
[par Le Télégraphiste]
11:00 Publié dans Fini de rigoler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 16 mai 2005
Parce que vous le valez bien
Depuis quelques jours, Garnier, du groupe de cosmétiques L'Oréal, vient de lancer en France, à grand renfort d'affiches en 4 par 3, un gel coiffant qui ne cache pas ses prétentions capillaires : Manga Look. Rien de méchant, certes, si ce n'est un nouvel exemple de marketing agressif, comme dirait Morvandiau, qui cible le djeune en l'aguichant avec sa lecture favorite. Plus amusant, le site officiel anglais du gel (Manga Head, en VO) propose, outre des conseils de coiffures, quelques planches de bande dessinée (digne d'un mauvais fanzine) sous le titre Manga story pour nous expliquer fissa ce qu'est un manga. On y apprend pourquoi le Japon est pays « so coooool » et « so kawaii », deux-trois banalités sur origines du manga (nous y apporterons une petite rectification : Tezuka a effectivement suivit des études de médecine avant de devenir mangaka, mais il n'a jamais exercé en tant que chirurgien), et surtout que tout ce qui fait le style du héros de manga, bah, c'est sa coupe de cheveux... logique !
[par Le Télégraphiste]
17:45 Publié dans bandes passantes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Une dernière histoire...
Avant de mourir en janvier dernier à l'âge de 87 ans, Will Eisner achevait son ultime ouvrage : Le Complot : L'histoire secrète du Protocole des sages de Sion. Celui-ci vient de paraître, accompagné d'une préface d'Umberto Eco, aux Etats-Unis chez W. W. Norton. (La couverture et quelques pages intérieures sont visibles sur Amazon).
Aux Etats-Unis, Le Complot (que Didier Pasamonik avait largement annoncé sur le site Actuabd) est déjà présenté par certains comme « l'un des pire livre qu'Eisner ait écrit »... Rien de moins !
Attendons donc sa sortie en France, où il sera probablement publié chez Delcourt, l'éditeur de ses derniers ouvrages, pour juger sur pièce.
Via AfNews et Egon
[par Le Télégraphiste]
17:15 Publié dans Moment critique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 12 mai 2005
Free Comic Book (Yester)Day
Vous l'avez loupé ? Moi aussi !
Samedi dernier, le 7 mai, a eu lieu pour la quatrième année consécutive le Free Comic Book Day. Le principe de cet événement est simple : rendez-vous dans une librairie participante à l'opération et emparez-vous de tous les comics que vous souhaitez... enfin, de ceux que l'on vous autorise à prendre et que chaque éditeur a, en fait, spécialement publié à cette occasion.
Le FCBD se déroule principalement en Amérique du Nord, cependant il existe quelques adresses dans le reste du monde : en France, la seule librairie à participer à ce jour béni était la boutique parisienne Album (celle sise au
6-8 de la rue Dante). Si vous y êtes passés, vous avez peut-être pu en rapporter quelques brochures qui paraissaient bien sympathiques. Ainsi, samedi dernier, à côté des bulldozers (Archie, Star Wars, Batman, GI Joe et le panthéon superhéroïque habituel), le gratin des éditeurs américains dispersait aussi des recueils d'histoires alléchants : Alternative comics (avec James Kochalka, Tom Hart, Matt Madden, etc.), Drawn + Quartely (The Adventures of Paul, par Michel Rabagliati), Fantagraphics (avec les frères Hernandez, Michael Kupperman, Richard Sala, Max Andersson, ou encore Daniel Clowes), Top Shelf, etc. Bref, du beau linge étonnant pour une journée que l'on aurait pu croire réservée aux mastodontes du mainstream.
La prochaine « Fête de la Bédé » ferait mieux de s'inspirer de ce genre d'opération simple et efficace, plutôt que de monter des animations aux allures de kermesse dans des lieux parfois improbables (train, banque,
plateau de jeu télé) qui font, en fin de compte, plus plaisir aux partenaires commerciaux qu'aux lecteurs.
[par Le Télégraphiste]
09:00 Publié dans Cases et calendrier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 11 mai 2005
The Perry Bible Fellowship
Une pincée de Winshluss,
un soupçon de Glen Baxter
et vous aurez une petite idée de l'ironie et de l'humour noir distillés au fur et à mesure de The Perry Bible Fellowship, l'excellent strip dessiné par Nicholas Gurewitch, qu'il publie en ligne et dans plusieurs journaux aux Etats-unis.
[par Le Télégraphiste]
08:45 Publié dans bandes passantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 10 mai 2005
Fun titanesque
Fan de super-héros Marvel dans mes jeunes années, mes seules infidélités au bestiaire de Stan Lee je les réservais aux albums des New Teen Titans publiés par Aredit/Artima (sous le nom de Les Jeunes T.). Les New Teen Titans, c’étaient la (brillante) réponse de DC au succès des X-Men au début des années 80, avec des scénarios en béton armé de Marv Wolfman et des dessins fourmillant de détails de George Perez. En cinquante numéros US, je vibrais aux aventures de Robin, Raven, Changeling, Cyborg et consorts, avant que les deux auteurs, à qui les eighties allaient plutôt bien, ne se décident à offrir un lifting salutaire à l’univers jusque-là passablement bordélique de DC avec Crisis on Infinite Earths (récemment traduit par Semic).
Mais bon, tout ça était bien loin et j’avais remisé mes comics au placard depuis quelques temps, ne les ressortant que pour m’offrir une bouffée de nostalgie et maugréer sur des airs de « C’était mieux avant », quand un dimanche moins embrumé – et plus matinal… – que d’habitude, je m’offre un tour de zapette sur France 3 à l’horizon des 9h-9h30 sur l’émission F3X, histoire de me payer un p'tit Batman ou Superman en lieu et place de méthadone (j’étais un fanboy particulièrement accro…). Et là, point de générique ronflant, point d’homme chauve-souris ni de kryptonien élevé au grain, mais un air de J-rock punchy à souhait. Kézako ? Mais les Teen Titans en DA bien sûr, avec comme protagonistes Robin, Cyborg, Changelin, Cyborg, Starfire et Raven. Bref, la crème des Teen Titans. Ils ont fait leur première apparition sur Cartoon Network, mais ceux qui refusent de payer pour avoir la télé ont attendu la diffusion par France 3 pour découvrir ce qui constitue une excellente surprise, même pour un vieux fan comme moi. Et pourtant, pas de trace des scénarios alambiqués de Wolfman ou des « mâchoires carrés » si chères aux comics. À la place, un character design très japonisant… et des épisodes où l’humour et la fantaisie sont à l’honneur. Car malgré – ou grâce à – la présence de Glen Murakami – qui avait travaillé notamment sur la très sombre et très réussie série animée Batman – aux commandes de ce projet décoiffant, il est clair que le maître mot ici, c’est le fun, n’en déplaise aux fanboys ronchons hurlant au crime de lèse-continuité. Un humour qui n’hésite pas à reprendre les codes de l’anime comme la goutte de transpiration sur le front pour exprimer l’embarras. Il est clair que chez Warner, qui produit la série, on a cherché à viser très jeune, chez les gamins qui outre-Atlantique se détournent des comics et de leur quarantaine d’années d’histoire (sans fin, sauf quand ça se vend mal) pour trouver leur compte de phylactères dans le manga. Ça commence par un générique qui vous colle au cerveau interprété par la star japonaise Puffy Ayami. Et ça continue avec une animation qui tourne à l’économie dans la grande tradition des DA nippons formatés pour la télé. Ce qui n’empêche pas des réalisations parfois très soignées, comme cet épisode où MadMod, le vilain du jour, décide de remettre les Etats-Unis sous le joug de la couronne britannique. Là, on louche carrément sur les inventions graphiques d’un Terry Gilliam, période Monty Python, ou du Yellow Submarine des quatre garçons dans le vent. Bien sûr, pas un mot sur l’univers pléthorique de DC : la série reste abordable, pour les grands et les petits, et tant pis pour les fanboys qui peuvent se rabattre sur l’excellent trade paperback Judas Contract pour se consoler.
[par Nono]
18:38 Publié dans Télescopage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Charles Burns l'inrockuptible
Avant qu'il ne soit trop tard (le prochain numéro sort demain), jetez-vous sur le dernier Inrockuptibles (n°492 du mercredi 4 mai) pour y lire le portrait du trop rare Charles Burns. On y apprend notamment que le dessinateur de Black Hole fut un jeune lecteur assidu de Tintin, ce qui est assez inhabituel pour un américain. Mais ne me faites pas dire que cela est le présage de sa future propension cauchemardesque...
[par Le Télégraphiste]
12:20 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

