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lundi, 06 juin 2005

Mormon Attacks !

La bande dessinée vit un flirt de longue durée avec la religion. Qu’il s’agisse du bouddhisme (avec le Ikkyu de Sakaguchi) ou du catholicisme (ah ! le Don Bosco de Jijé ! Ah ! la Bible en BD ! Ah ! La vie de Jean-Paul II vue par Marvel ! J’en passe et des pas possibles…), le phylactère s’est souvent fait prosélyte. Cette fois, c’est au tour des mormons de s’y mettre. Cela aurait pu être seulement anecdotique – et très raté –, si cela n’avait pas été signé par une pointure du comics US : Mike Allred.
Ce type, peu ou pas traduit du tout en France, a rafraîchi les années 90 et le label Legend de Dark Horse (Hellboy, Sin City) avec son comics Madman. Il a signé aussi plusieurs séries, chez Marvel (la très pop et très réussie X-Statix), chez DC (dénichez un ovni appelé Vertical où Andy Warhol figure en guest star), ou en creator-owned (The Atomics).
Et là, il a décidé de nous pondre son acte de foi envers L’Église de Jésus Christ des Saints des derniers jours (le nom complet et compliqué des mormons). Son adaptation du Livre de Mormon (110 millions d’exemplaires, traduit en 66 langues, presque aussi bien que Dan Brown) s’appelle The Golden Plates, et ça lui tient tellement à cœur au Mike, qu’il a décidé de le publier lui-même avec sa boîte d’éditions AAApop comics. Et moi qui ne connaissais que très peu la foi mormonne, j’en ai pris plein les mirettes. En (très) gros, les mormons seraient les descendants de la treizième tribu perdue d’Israël qui aurait trouvé refuge en Amérique en 600 avant Jean-Claude (!), et le Livre de Mormon raconte leur épopée. Revu à la sauce Allred, ça a un petit côté Conan pas dégueu malgré l’aspect didactique lourdingue inhérent à ce type de projet. Le dessin, lui, renifle très fort la dépouille de Jack Kirby qui s’y connaissait aussi en mythes (Galactus, le Fourth World, etc. De quoi créer une religion à lui tout seul !).
A ne pas manquer dans le deuxième volume (le dernier paru) des Golden Plates, la préface particulièrement enthousiaste – et hilarante – de l’auteur. Bref, à lire pour mieux en rire (et surtout pas se convertir me murmure le vieil athée qui habite dans l’hémisphère droit de ma cervelle) et pour se convaincre de la dimension mythologique du comics US très justement soulignée par Fabrice Neaud dans le dernier tome de son Journal.
[par Nono]

vendredi, 03 juin 2005

Deconstructing Lichtenstein

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Au début des années 60, le Pop Art, fraîchement débarqué en France, fit hurler au blasphème tous les amateurs de bande dessinée. Les bédéphiles, réunis en club, voyaient dans les toiles de Roy Lichtenstein et consorts un affront à leur tentative de réhabiliter leur medium chéri dans la Grande Hierarchie des Arts.
Aujourd'hui, l'eau a passé sous les ponts, et c'est d'un oeil tantôt amusé tantôt perçant que le Pop se fait recadrer par la bande dessinée. Deux liens pour témoigner de cette tranquille revanche :

> Tout d'abord, une livraison récente du webcomic Cat and Girl de Dorothy Gambrell : le chat (sans la fillette, cette fois) voit défiler au comptoir d'un bar les plus fameuses avant-gardes américaines devenues de simples coktails. Subtil et rafraîchissant !

> Et pour continuer Deconstructing Lichtenstein, le projet de David Barsalou qui a passé ses vingt-cinq dernières années à étudier l'art de Roy Lichtenstein. Ce professeur a dépouillé plus de 30 000 comics pour retrouver les vignettes dont l'artiste pop s'est inspiré pour ses peintures. En décembre 2002, il a exposé à la Gallerie Arno Maris (Massachusetts) des agrandissements de ces cases pour donner l'impression qu'il s'agissait des toiles de Lichtenstein. Aujourd'hui, son site offre une confrontation directe entre les cases de comics originale, publiés entre 1961 et 1965, et les peintures de Lichtenstein. Pour de plus amples informations sur ces emprunts aux comics, on pourra allez faire une petite visite du site Image Duplicator, mis en place par la Fondation Roy Lichtenstein, sur lequel sont recencées toutes les oeuvres du peintre américain (et pour certaines inspirées par la bande dessinées, les références et images détaillées des sources).
[par Le Télégraphiste]
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