lundi, 16 mai 2005
Parce que vous le valez bien
Depuis quelques jours, Garnier, du groupe de cosmétiques L'Oréal, vient de lancer en France, à grand renfort d'affiches en 4 par 3, un gel coiffant qui ne cache pas ses prétentions capillaires : Manga Look. Rien de méchant, certes, si ce n'est un nouvel exemple de marketing agressif, comme dirait Morvandiau, qui cible le djeune en l'aguichant avec sa lecture favorite. Plus amusant, le site officiel anglais du gel (Manga Head, en VO) propose, outre des conseils de coiffures, quelques planches de bande dessinée (digne d'un mauvais fanzine) sous le titre Manga story pour nous expliquer fissa ce qu'est un manga. On y apprend pourquoi le Japon est pays « so coooool » et « so kawaii », deux-trois banalités sur origines du manga (nous y apporterons une petite rectification : Tezuka a effectivement suivit des études de médecine avant de devenir mangaka, mais il n'a jamais exercé en tant que chirurgien), et surtout que tout ce qui fait le style du héros de manga, bah, c'est sa coupe de cheveux... logique !
[par Le Télégraphiste]
17:45 Publié dans bandes passantes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Une dernière histoire...
Avant de mourir en janvier dernier à l'âge de 87 ans, Will Eisner achevait son ultime ouvrage : Le Complot : L'histoire secrète du Protocole des sages de Sion. Celui-ci vient de paraître, accompagné d'une préface d'Umberto Eco, aux Etats-Unis chez W. W. Norton. (La couverture et quelques pages intérieures sont visibles sur Amazon).
Aux Etats-Unis, Le Complot (que Didier Pasamonik avait largement annoncé sur le site Actuabd) est déjà présenté par certains comme « l'un des pire livre qu'Eisner ait écrit »... Rien de moins !
Attendons donc sa sortie en France, où il sera probablement publié chez Delcourt, l'éditeur de ses derniers ouvrages, pour juger sur pièce.
Via AfNews et Egon
[par Le Télégraphiste]
17:15 Publié dans Moment critique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 12 mai 2005
Free Comic Book (Yester)Day
Vous l'avez loupé ? Moi aussi !
Samedi dernier, le 7 mai, a eu lieu pour la quatrième année consécutive le Free Comic Book Day. Le principe de cet événement est simple : rendez-vous dans une librairie participante à l'opération et emparez-vous de tous les comics que vous souhaitez... enfin, de ceux que l'on vous autorise à prendre et que chaque éditeur a, en fait, spécialement publié à cette occasion.
Le FCBD se déroule principalement en Amérique du Nord, cependant il existe quelques adresses dans le reste du monde : en France, la seule librairie à participer à ce jour béni était la boutique parisienne Album (celle sise au
6-8 de la rue Dante). Si vous y êtes passés, vous avez peut-être pu en rapporter quelques brochures qui paraissaient bien sympathiques. Ainsi, samedi dernier, à côté des bulldozers (Archie, Star Wars, Batman, GI Joe et le panthéon superhéroïque habituel), le gratin des éditeurs américains dispersait aussi des recueils d'histoires alléchants : Alternative comics (avec James Kochalka, Tom Hart, Matt Madden, etc.), Drawn + Quartely (The Adventures of Paul, par Michel Rabagliati), Fantagraphics (avec les frères Hernandez, Michael Kupperman, Richard Sala, Max Andersson, ou encore Daniel Clowes), Top Shelf, etc. Bref, du beau linge étonnant pour une journée que l'on aurait pu croire réservée aux mastodontes du mainstream.
La prochaine « Fête de la Bédé » ferait mieux de s'inspirer de ce genre d'opération simple et efficace, plutôt que de monter des animations aux allures de kermesse dans des lieux parfois improbables (train, banque,
plateau de jeu télé) qui font, en fin de compte, plus plaisir aux partenaires commerciaux qu'aux lecteurs.
[par Le Télégraphiste]
09:00 Publié dans Cases et calendrier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 11 mai 2005
The Perry Bible Fellowship
Une pincée de Winshluss,
un soupçon de Glen Baxter
et vous aurez une petite idée de l'ironie et de l'humour noir distillés au fur et à mesure de The Perry Bible Fellowship, l'excellent strip dessiné par Nicholas Gurewitch, qu'il publie en ligne et dans plusieurs journaux aux Etats-unis.
[par Le Télégraphiste]
08:45 Publié dans bandes passantes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 10 mai 2005
Fun titanesque
Fan de super-héros Marvel dans mes jeunes années, mes seules infidélités au bestiaire de Stan Lee je les réservais aux albums des New Teen Titans publiés par Aredit/Artima (sous le nom de Les Jeunes T.). Les New Teen Titans, c’étaient la (brillante) réponse de DC au succès des X-Men au début des années 80, avec des scénarios en béton armé de Marv Wolfman et des dessins fourmillant de détails de George Perez. En cinquante numéros US, je vibrais aux aventures de Robin, Raven, Changeling, Cyborg et consorts, avant que les deux auteurs, à qui les eighties allaient plutôt bien, ne se décident à offrir un lifting salutaire à l’univers jusque-là passablement bordélique de DC avec Crisis on Infinite Earths (récemment traduit par Semic).
Mais bon, tout ça était bien loin et j’avais remisé mes comics au placard depuis quelques temps, ne les ressortant que pour m’offrir une bouffée de nostalgie et maugréer sur des airs de « C’était mieux avant », quand un dimanche moins embrumé – et plus matinal… – que d’habitude, je m’offre un tour de zapette sur France 3 à l’horizon des 9h-9h30 sur l’émission F3X, histoire de me payer un p'tit Batman ou Superman en lieu et place de méthadone (j’étais un fanboy particulièrement accro…). Et là, point de générique ronflant, point d’homme chauve-souris ni de kryptonien élevé au grain, mais un air de J-rock punchy à souhait. Kézako ? Mais les Teen Titans en DA bien sûr, avec comme protagonistes Robin, Cyborg, Changelin, Cyborg, Starfire et Raven. Bref, la crème des Teen Titans. Ils ont fait leur première apparition sur Cartoon Network, mais ceux qui refusent de payer pour avoir la télé ont attendu la diffusion par France 3 pour découvrir ce qui constitue une excellente surprise, même pour un vieux fan comme moi. Et pourtant, pas de trace des scénarios alambiqués de Wolfman ou des « mâchoires carrés » si chères aux comics. À la place, un character design très japonisant… et des épisodes où l’humour et la fantaisie sont à l’honneur. Car malgré – ou grâce à – la présence de Glen Murakami – qui avait travaillé notamment sur la très sombre et très réussie série animée Batman – aux commandes de ce projet décoiffant, il est clair que le maître mot ici, c’est le fun, n’en déplaise aux fanboys ronchons hurlant au crime de lèse-continuité. Un humour qui n’hésite pas à reprendre les codes de l’anime comme la goutte de transpiration sur le front pour exprimer l’embarras. Il est clair que chez Warner, qui produit la série, on a cherché à viser très jeune, chez les gamins qui outre-Atlantique se détournent des comics et de leur quarantaine d’années d’histoire (sans fin, sauf quand ça se vend mal) pour trouver leur compte de phylactères dans le manga. Ça commence par un générique qui vous colle au cerveau interprété par la star japonaise Puffy Ayami. Et ça continue avec une animation qui tourne à l’économie dans la grande tradition des DA nippons formatés pour la télé. Ce qui n’empêche pas des réalisations parfois très soignées, comme cet épisode où MadMod, le vilain du jour, décide de remettre les Etats-Unis sous le joug de la couronne britannique. Là, on louche carrément sur les inventions graphiques d’un Terry Gilliam, période Monty Python, ou du Yellow Submarine des quatre garçons dans le vent. Bien sûr, pas un mot sur l’univers pléthorique de DC : la série reste abordable, pour les grands et les petits, et tant pis pour les fanboys qui peuvent se rabattre sur l’excellent trade paperback Judas Contract pour se consoler.
[par Nono]
18:38 Publié dans Télescopage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Charles Burns l'inrockuptible
Avant qu'il ne soit trop tard (le prochain numéro sort demain), jetez-vous sur le dernier Inrockuptibles (n°492 du mercredi 4 mai) pour y lire le portrait du trop rare Charles Burns. On y apprend notamment que le dessinateur de Black Hole fut un jeune lecteur assidu de Tintin, ce qui est assez inhabituel pour un américain. Mais ne me faites pas dire que cela est le présage de sa future propension cauchemardesque...
[par Le Télégraphiste]
12:20 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 03 mai 2005
Carlos Ghosn in the shell
Avec le retour en force sur le devant de la scène médiatique du nouveau PDG de Renault, réapparaît cette bizarrerie éditoriale nipponne que les journalistes occidentaux ne résistent pas à rapporter : le manga retraçant la vie de Carlos Ghosn.
Mais quid exactement de cette bande dessinée citée dans toutes les bios du « cost killer » libano-français, avec autant de nonchalance que l’objet est insolite et que sa simple évocation suffit ?
L'histoire vraie de Ghosn-san fut publiée à partir de fin novembre 2001 et pendant 3 mois dans Big Comic Superior, le magazine bimensuel de mangas ciblés pour salarymen.
Elle nous raconte la vie de ce Français né au Brésil, depuis son enfance au Liban jusqu'à sa prise de fonction chez Nissan, avec ses moments forts qui ont forgé la réputation de ce super-héros du capitalisme international.
Rien de bien extravagant, me direz vous, quand on sait qu'au Japon le moindre nouveau dieu vivant est l'objet d'une telle consécration en images. Et Carlos Ghosn n'est pas le premier français à l'avoir reçue, les vies de deux sportifs français ont déjà été dessinées par des mangakas : Philippe Troussier, l'entraîneur qui a conduit l'équipe japonaise de football en huitièmes de finale du dernier Mondial, et Virginie Dedieu, championne de natation synchronisée.
La revue Challenges avait publié en mai 2002 un article très instructif sur la genèse de l'hagiographie dessinée de Carlos Ghosn (elle était accompagnée de quelques vignettes alléchantes malheureusement absentes de la version en ligne, mais dont il reste la trace dans la version « en cache ») : « Les mangas (...) sont-ils à ce point importants dans l’archipel qu’il fallait les faire entrer dans le plan de communication du patron français ? Ou le président de Nissan est-il si célèbre au Japon qu’il ne pouvait échapper à cette forme de culte ? Un peu des deux, à suivre l’improbable rencontre entre Carlos Ghosn et la maison Shogakukan, l’un des plus puissants éditeurs de ces revues bon marché. »
En effet, l'article nous révélait la méthode de forcing éditorial que l'éditeur imposa à Ghosn : « Soit vous collaborez, et nous vous montrons les planches avant parution. Vous pouvez supprimer toutes les scènes qui vous gênent, sans cependant pouvoir en rajouter ou en réécrire. Soit vous ne collaborez pas, et nous gardons toute notre liberté. »
Un pays où la bande dessinée aurait le pouvoir de faire trembler les puissants... ici, on en rêve encore !
Lien : « La vérité sur...le héros de manga Ghosn », par Bruno Birolli et Régis Arnaud, in Challenges, n°177, du 2 mai 2002.
A lire aussi : « Nissan's Carlos Ghosn Becomes Unlikely Star of Japanese Comic », par Todd Zaun, in The Wall Street Journal du 27 décembre 2001.
[par Antoine]
12:05 Publié dans Propabande dessinée | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 29 avril 2005
De la Terre à la Lune, en passant par le Japon
Ce soir sur France Culture, à l'occasion de la Japan Expo, l'émission Mauvais Genres est consacrée aux rapports qu'animé et manga japonais peuvent entretenir avec l'univers de Jules Verne. Rôle des enfants, importance de la quête et de l'aventure, place de la technologie, tels sont les thèmes communs à l'homme des « Voyages extraordinaires » et aux auteurs nippons. Mauvais Genres conclura le volet manga avec La jeune fille aux camélias du sulfureux Suehiro Maruo. Cette émission est produite et présentée par François Angelier, avec la collaboration de Olivier Paquet, Stéphane Ferrand et Vincent Bernière.
Pour les malchanceux qui l'auraient manquée, il est possible de l'écouter toute la semaine sur le site de France Culture.
[par Le Télégraphiste]
10:45 Publié dans Cases et calendrier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 22 avril 2005
24h chrono
Lancé à l'origine comme un défi amical entre Scott McCloud et Steve Bissette, le « 24 Hour Comics Day » s'est propagé pour devenir une fête de la création en bande dessinée à laquelle participent désormais des dessinateurs du monde entier. Cette année, artistes inconnus ou reconnus vont ainsi se retrouver dans plus de soixante-dix villes à travers la planète (des comic books stores d'Arizona au Centre culturel étudiant de Belgrade) pour participer à ce marathon dessiné. Les règles sont simples : le dessinateur participant doit réaliser une bande dessinée complète, de vingt-quatre pages en vingt-quatre heures, sur le thème de son choix.
Inutile de soulever la question de la qualité des oeuvres produites sous ce genre de contrainte oubapienne : ces 24h ne sont ni une compétition, ni une foire aux bestiaux. L'évènement est suffisamment récréatif pour être remarqué. Et puis c'est toujours plus intéressant que le grand défilé parisien de « BD Pride » que le Syndicat National des Editeurs prépare pour la première mouture de la Fête « nationale » de la bande dessinée (dont on reparlera ici).
Si toi aussi tu veux devenir le Jack Bauer de la BD et participer à ce 24HCD en France, il te faudra aller à Dijon, seule (et première) ville française accueillant cet évènement. L’épreuve, qui est co-organisée sur place par l'association Artkad, se déroulera du samedi 23 au dimanche 24 avril sur le Campus universitaire. L'entrée et la participation sont gratuites, et les artistes seront pourvus en nourriture, boissons et en lit pour faire la sieste. Que demande le peuple !
[par Le Télégraphiste]
11:55 Publié dans Cases et calendrier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 21 avril 2005
Ego classé X
Les singuliers, mais non moins excellents, pavés du diariste angoumoisin Fabrice Néaud sont aussi de forme parallélépipédique rectangle, cependant leur auteur ne s'embarrasse pas d'artifice géométrique pour y exposer ouvertement ses préférences homosexuelles.
Et c'est bien se qui semble gêner certains : un conseiller de la ville de Viroflay a réussi à annuler une rencontre organisée à la bibliothèque municipale qui devait réunir ce dimanche 17 avril Fabrice Néaud, auteur du Journal publié par Ego comme X, et son éditeur Loïc Néhou pour y parler d’autobiographie en bande dessinée.
Selon le communiqué diffusé par l'éditeur de Néaud, l'élu « soit-disant opposant à la majorité UMP » a fait un esclandre au cours du dernier conseil municipal « en hurlant qu'il était honteux que la ville s’apprête à accueillir, des gens faisant l’apologie de la pornographie et de l’homosexualité », menaçant de distribuer des tracts aux viroflaysiens reproduisant des page du Journal (1) et de perturber la rencontre si celle-ci devait finalement avoir lieu.
Comme le rappelle le site Chronic'art qui craint déjà « le retour insidieux d'un ordre moral façon années Pompidou », ce n'est pas la première fois que dame Anastasie frappe sur les doigts de la bande dessinée, là où on l'attend le moins : en témoigne cette autre hallucinante mésaventure arrivée à J.-C. Menu, qu'il rapporte dans son livre Plates-Bandes. En décembre 2003, le boss de L'Association fut convoqué par la Brigade de protection des mineurs suite à la publication par Beaux-Arts Magazine de deux cases extraites du Daddy's Girl de Debbie Dreschler montrant la jeune héroïne un sexe dans la bouche. La procédure avait été déclenchée par un kiosquier du Vésinet qui estimait qu'il s'agissait là d'une incitation à la pédophilie. Tout le contraire du propos du livre autobiographique de Dreschler qui est le terrible témoignage d'un inceste.
Dans ces deux histoires, l'accusation porte sur des images isolées, coupées de leur contexte, sans que l'accusateur ait lu l'ouvrage dans son intégralité. Le propos de l'auteur est complètement ignoré, voire déformé. Un classique de la crasse ignorance et du moralisme de dimanche.
A noter, pour changer de sujet, que dans ce même Beaux-Arts Magazine Neaud signe désormais une rubrique régulière sous forme de « BD reportage ». Le dernier numéro (#250, avril 2005) nous raconte la visite du dessinateur à l'exposition « Signes du corps » qui eut lieu au Musée Dapper l'année dernière.
[par Le Télégraphiste]
15:00 Publié dans Fini de rigoler | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

