mardi, 09 janvier 2007
Encre, plumes et goudron
En tout cas, cette initiative nous donne des idées. Pourquoi s'arrêter là ? N'attendons plus pour « refonder » à leur tour d'autres albums tout aussi insupportables. Et à titre d'exemple, exerçons-nous tout d'abord sur le dernier Lucky Luke, La Corde au cou. Une bande dessinée déprimante (décidemment Goscinny nous manque) dont le titre nous laisse perplexe : masochisme lucide des auteurs, dernière solution offerte au lecteur dépité ? Rétrospectivement, cet intitulé on ne peut plus d'actualité nous laisse fantasmer un album dans lequel c'est son scénariste Laurent Gerra, le raïs de l'humour français de droite, et son dessinateur Ashdé-le-chimique qui seraient pendus haut et court. A défaut, nous enjoignons ceux qui le souhaitent à « refonder » les planches du dernier Lucky Luke comme suit : 
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vendredi, 30 septembre 2005
Les armes de la critique

La deuxième mouture du Petit Critique illustré (Editions PLG, 2005) vient de paraître.
Après sept ans de bons et loyaux services auprès des chercheurs comme des amateurs, l'ouvrage d'Harry Morgan et Manuel Hirtz fait l'objet pour cette année d'une refonte. Celle-ci recense désormais près de 1100 ouvrages de langue française et, nouveauté bienvenue, près de 250 ouvrages de langue anglaise.
Le Petit Critique illustré (PCI) reste toujours, comme il l'annonce lui-même sans fausse modestie : "un remarquable guide bibliographique et critique, c'est-à-dire une recension exhaustive de tout ce qui a été écrit en français sur la bande dessinée, depuis les origines, avec une évaluation des ouvrages selon des critères indiscutables".
Ce sont justement ces "évaluations" qui ont fait passer le PCI et ses auteurs à l'époque de sa première sortie, pour des vilains petits canards jetant un pavé dans la mare de la critique bédéphile, tirant sans ménagement sur certains patriarches, réévaluant sérieusement et de façon argumentée leurs écrits qui demeuraient des références (et malheureusement les seules) monolithiques en la matière. En sept ans, l'eau a passé sous les ponts, et Morgan et Hirtz notent qu'aujourd'hui leur prose ne choque plus, alors qu'en 1997, ils étaient accusés d'une certaine "méchanceté" à une époque où il était "traditionnellement défendu de faire la moindre restriction sur une œuvre ou un auteur, y compris un auteur écrivant sur la BD". Mais la survivance de cet esprit corporatiste plane encore aujourd'hui sur la bande dessinée, notamment dans la presse spécialisée BD et une grosse majorité des sites web. Dès que certains déclarent leur indépendance vis-à-vis de cette Grande Famille de la Bédé, la foudre s'abat sur l'outrecuidant pour le remettre en place et lui rappeler la primauté de valeurs fleurant bon le moisi : travail, tolérance, succès public.
Mais revenons au PCI... A noter : l'indispensable extension que beaucoup de dictionnaires et autres guides devraient prendre en exemple : une mise à jour permanente du PCI est consultable en ligne sur Adamantine, le webzine d'Harry Morgan.
Et aussi : Exercice amusant, et qui évitera à Harry Morgan et Manuel Hirtz d'organiser pour la sortie du nouveau PCI une conférence de presse, de faire déplacer et de répondre aux pertinentes questions des nombreux zé talentueux journalistes de bande dessinée : une "interview mutuelle des auteurs" (toujours sur Adamantine) où les auteurs se congratulent (et ils ont bien raison !) et nous précisent les nouveautés et partis pris de cette édition (comme cette "pétition de principe" de ne pas créer de section spéciale pour les ouvrages consacrés à Hergé, un bande dessinateur comme les autres après tout).
Et puis, pour ceux qui s'intéressent à la face théorique de la bande dessinée, nous vous conseillons de prendre le temps de lire la somme du même Harry Morgan (par ailleurs, clone du défunt Hunter S. Thompson...). Ses Principes des littératures dessinées (L'An 2, 2003) apporte un prolongement des considérations parsemant le PCI. Morgan y évalue notamment, de façon critique, les différents courants théoriques de ce qu'il nomme "stripologie".
Goûtez au moins à la prose morganienne sur Adamantine (résumé et paratextes de son PLD), et si vous êtes vraiment un homme pressé, survolez ses culture quikies, et notamment ses "Dix erreurs courantes de la littérature spécialisée", pour briller en société (dédicaces, soirées de lancement d'albums, festivals, etc.) et rabattre leur caquet aux spécialistes de la spécialité, une coupe de champagne à la main.
[Par Le Télégraphiste]
(En illustration de tête : extrait d'un tract du CMDO, mai-juin 1968)
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dimanche, 11 septembre 2005
«Pour une apologie de la complexité bédéphilique»

En sommeil depuis de longs mois, le site du9, l'un des plus stimulant webzine consacré à "l'autre bande dessinée", fait peau neuve et semble se réveille doucement de sa léthargie. Le site est encore en chantier mais, déjà, ses rédacteurs donne la couleur : faire de leur site "un guide pour aider à la découverte de cette autre bande dessinée", c'est-à-dire une "bande dessinée d’auteurs qui produit des œuvres fortes, qui mériterait de toucher une audience plus importante et surtout d’acquérir une reconnaissance critique qu’on lui refuse".
Toujours en ligne, les archives du9ièmes vous prouveront bien que les plumes de ce site sont bien plus pertinentes que tout ce que l'on trouve actuellement dans les kiosques en matière de critique bande dessinée. Et ce n'est pas le tout nouveau magazine BullDozer qui viendra changer cet état déplorable : A coup de "tableau des étoiles" digne de l'Eurovision, la "crème des critiques" ― dixit le journal grâce auquel "vous ne lirez plus jamais la bande dessinée comme avant" ― donne un nombre d'astérisque selon la valeur qu'ils accordent aux quelques ouvrages qu'on leur soumet... Pas de doute, BullDozer, avec sa pelleteuse, ses grosses chenilles et ses effets d'annonce putassiers, prépare le terrain d'une critique éclairée.
Donc, pour se dégourdir les méninges, on vous conseille plutôt de lire la toute fraîche chronique du dernier ouvrage de Riad Sattouf, Retour au collège, par le sémillant Jessie Bi qui signe aussi pour son retour un billet d'humeur sous forme de Weltanschauung.
Rien que ça !
[Par Le Télégraphiste]
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lundi, 16 mai 2005
Une dernière histoire...
Avant de mourir en janvier dernier à l'âge de 87 ans, Will Eisner achevait son ultime ouvrage : Le Complot : L'histoire secrète du Protocole des sages de Sion. Celui-ci vient de paraître, accompagné d'une préface d'Umberto Eco, aux Etats-Unis chez W. W. Norton. (La couverture et quelques pages intérieures sont visibles sur Amazon).
Aux Etats-Unis, Le Complot (que Didier Pasamonik avait largement annoncé sur le site Actuabd) est déjà présenté par certains comme « l'un des pire livre qu'Eisner ait écrit »... Rien de moins !
Attendons donc sa sortie en France, où il sera probablement publié chez Delcourt, l'éditeur de ses derniers ouvrages, pour juger sur pièce.
Via AfNews et Egon
[par Le Télégraphiste]
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